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À la chasse, l'arme de Jérémy Choqueriaux n'est pas un fusil mais une buse

Publié le par Patrick Morel

Dans une chaleureuse maison de Loison-sous-Lens se cache une étrange famille. ...

 Accompagné de Jérémy, Orisse chasse trois à quatre fois par semaine lapins, lièvres, faisans.PHOTO DELPHINE PINEAU

 

Celle des Choqueriaux. Après avoir franchi le sas d'entrée et le cap du tonique Jake Russel, nous apercevons un parc à bébé dans le salon, et faisons connaissance avec l'homme de la maison, Jérémy, 30 ans, peintre automobile. « Mes filles ne sont pas là. Ma femme est au travail. » Rien de particulier jusque là. Pour comprendre le mode de vie des Choqueriaux, il suffit de pousser la porte du jardin. À quelques mètres d'une volière, trône sur un perchoir... une buse d'Horris ! « Voilà Orisse ! » Plus qu'un animal de compagnie, le rapace est l'arme de chasse de Jérémy depuis un an. « J'ai toujours été passionné par les rapaces et par la fauconnerie. » Au lycée, Jérémy n'attrape pas la bosse des maths, mais excelle dans sa matière préférée : « SVT », les sciences de la vie et de la terre. La chasse ? Comme pour beaucoup, une passion héritée de papa. Avant de passer le permis, « j'étais rabatteur pour mon père. Je marchais dans les ronces à côté de lui ». Après une douzaine d'années à chasser au fusil, « un reportage sur la chasse à l'arc ma donné l'eau à la bouche ». Afin d'allier ses deux passions, le jeune homme se rapproche du consultant de l'Office national de chasse de Montreuil, par ailleurs maître fauconnier. « Il m'a mis à la page tout de suite : il ne voulait pas de rigolo. Un oiseau, ce n'est pas comme un fusil, on ne le raccroche pas à la fin de la chasse. » Pendant deux ans, l'homme se forme. apprend a connaître les rapaces et l'autourserie, cette chasse de haut vol. « La première année, j'étais comme un étudiant qui fait des recherches. » Jusqu'à cette première virée avec sa buse qu'il est allé cherché jusqu'au Pays-Bas.

Régime d'athlète

En un an de pratique, Jérémy apprend à dompter son rapace. Et multiplie les sorties. Résultat ? « Avec une buse, c'est une prise tous les dix gibiers. » Pas cher payé donc. « Les chasseurs à tir sont plus prédateurs qu'un rapace. Ce n'est pas moi qui chasse, c'est elle. Au lieu de lever le fusil, je vois Orisse s'envoler. » Et quand la « grosse » décide de jeter son dévolu sur un canard, c'est Jérémy qui se retrouve dans l'eau pour récupérer la proie ! Car « Orisse est fragile. Quand elle est mouillée, je dois la sécher au sèche-cheveux ». Fragile et légèrement princesse sur les bords. Telle une athlète de haut niveau, la buse est pesée tous les jours, soignée à la maison. Chaque jour, elle ingurgite des repas, scrupuleusement inscrits sur cahiers, dignes de festins (lapin, pigeon, poule, souris, canards).

Si pour la satisfaire « il faut varier les menus », il faut aussi y aller par petites doses : « Quand elle n'a pas faim, elle n'est pas très motivée pour chasser. » À notre arrivée dans le jardin, Orisse gigote sur son perchoir. « Quand je la gratouille, elle piaille comme un poussin ! », promet son maître. Problème, pas cette fois. Qu'est-ce qui ne lui revient pas ? Nous. « Elle ne vous connaît pas, alors elle râle un peu.

 » Un des habitants se montre lui aussi étrangement calme. Vox, le chien. « Entre eux, ça ne passe pas du tout. À la chasse, Orisse l'a pris pour un gros lapin et la chargé. » Pour Vox, les jours de chasse sont désormais synonymes de panier. Mais au fait, que pense celui qui a initié Jérémy à la chasse, son papa ? « Oh, il participe avec moi. Sauf que maintenant, c'est lui le rabatteur !  »

CLAIRE SERRE pour lavoiedunord.fr

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