Chasseurs à l'Arc de Franche-Comté

Quatre chasseurs, dont un ancien garde-chasse auxiliaire, ont été condamnés vendredi dans la plus grande affaire de braconnage qu'a connue le Jura. Le tribunal a prononcé contre eux des peines avec sursis pour avoir abattu illégalement plus de 130 animaux.

Le principal accusé, l'ancien garde-chasse auxiliaire de 36 ans qui se décrit comme un ami de la nature, a été condamné vendredi par le Tribunal correctionnel à 18 mois de prison avec sursis pendant cinq ans pour infractions à la loi fédérale sur la chasse. Il devra aussi s'acquitter d'une amende de 5000 francs.

L'accusé a braconné par cupidité, a estimé le président du tribunal Damien Rérat. De 2002 à 2006, cet homme a abattu seul ou en groupe 87 chevreuils, 26 lièvres, 9 sangliers, 8 chamois, 1 chouette et 1 chat sauvage. Un recensement précis qui a pu être établi grâce au décompte que tenait l'accusé des bêtes qu'il tuait.

Interdits de chasse

Cet amoureux de la gâchette s'est vu signifier une interdiction de pratiquer la chasse sur sol suisse pendant 10 ans. Deux chasseurs qui l'accompagnaient parfois ont écopé de respectivement 18 mois d'emprisonnement avec sursis durant 5 ans et de 150 jours-amende à 100 francs avec sursis. Ces deux hommes sont aussi frappés d'une interdiction de chasse.

Seul de la bande à admettre certaines des infractions, le frère de l'ancien garde-chasse auxiliaire a été condamné à 60 jours-amende à 10 francs avec sursis. Les trois prévenus qui contestent les faits ont annoncé par l'intermédiaire de leur avocat qu'ils faisaient recours.

Dans son réquisitoire, la substitute du procureur avait requis contre l'ancien garde-chasse 21 mois de prison dont 6 ferme. "Les prévenus ont choisi la dénégation totale mais le tribunal ne les a pas crus pour l'essentiel", a expliqué son président Damien Rérat qui estime que leur tactique consistait à charger celui qui n'avait pas de permis de chasse.

Un scénario de série B

"Ils n'étaient pas des saints comme ils ont voulu le laisser entendre". "On est en présence d'un mauvais scénario de série B américaine", a souligné le président en évoquant les déclarations contradictoires des chasseurs. Certains ont ainsi varié des dizaines de fois leurs versions, a-t-il ajouté en estimant que l'on atteignait parfois "des sommets d'absurdités".

Le procès, notamment les auditions de certains témoins, a mis en lumière les rivalités au sein du monde jurassien de la chasse. La subsitute du procureur avait ainsi dépeint une bande organisée qui faisait régner sa loi dans les forêts de Franches-Montagnes.

Le tribunal a aussi ordonné la saisie au profit de l'Etat d'armes, de 63 trophées et d'argent provenant de la viande vendue. Mais il ne s'est pas prononcé sur les prétentions civiles du canton qui s'élevaient à quelque 140'000 francs. Il estime qu'il n'est pas compétent pour juger cette requête pour dommages. La procédure relève du droit administratif.

Source : TSR.CH

 

Ven 20 nov 2009 1 commentaire
Une fois de plus, il y a erreure d'expression flagrante. Un homme quel qu'il soit (porteur d'un permis de chasser, d'un permis B, d'une carte mer ou d'une carte vermeille de la SNCF!)et qui braconne, est un braconnier et non un chasseur.
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ZABU
ZABU DE LENGUAGE - le 20/11/2009 à 13h33