Chasseurs à l'Arc de Franche-Comté

Les veneurs français crient haro sur l'emploi en chasse à courre du téléphone mobile, invoquant l'éthique de leur art.



Depuis la nuit des temps, deux millénaires du moins, la chasse à courre est pratiquée dans les forêts de France et de Navarre. Sans relâche, le museau au vent, des hordes de chiens reniflent, pistent, traquent le gibier. Pour contrôler les canidés et les aider à repérer le cerf ou le sanglier, des hommes à cheval ou pas, et leur incontournable trompe.
 
Mais voilà, depuis quelques années maintenant, une autre musique que celle des fanfares trouble la quiétude des sous-bois : les sonneries de portable. Cette modernité n'est pas au goût des veneurs, les adeptes de la chasse à courre pour les non-initiés. Alors, dans leur revue, ils crient haro sur le mobile. A cor et à cri : "Non, définitivement Non, encore une fois Non, 3 fois Non au portable
". Avec ce slogan un brin suranné : "le portable, c'est minable".
 
Une question d'élégance
 
Parmi les raisons invoquées par le trimestriel : l'éthique de leur art. Les veneurs "doivent exercer leur sagacité à ne pas perdre la chasse grâce à leur savoir, leurs instinct, leur action, pas grâce au téléphone", écrit le magazine. "C'est un combat loyal, renchérit François Couetoux du Tertre de la société de Vénerie. Les chiens doivent chasser avec leur odorat et même si l'homme doit leur venir en aide ce n'est pas avec un téléphone."
 
La revue rappelle que le marquis de Dampierre a inventé la trompe de chasse et qu'il serait "pathétique que cet instrument incroyable, que le monde entier nous envie, soit supplanté par le banal portable". Pour la petite histoire, ce général de la Révolution française a écrit les premières de 4.000 fanfares. Oui, en chasse à courre, chaque circonstance à sa sonnerie. Bref, "la chasse à courre, à cor et à cri ne peut pas devenir la chasse à courre, au téléphone et au renseignement sans y perdre son âme", insiste Vénerie dans sa saillie contre "l'insu-portable". Et François Couetoux du Tertre de préciser que le portable peut bien évidemment être utilisé en cas d'accident... Mais pour l'appel à la belle-mère, il faudra attendre la fin de la partie. "L'idéal, ce sont des forêts où il n'y a pas de réseau", dit-il, le sourire dans la voix.

Source: tf1.lci.fr

Mar 14 jui 2009 Aucun commentaire