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Comme dans plusieurs départements du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées, les chasseurs de l'Aude ont exprimé leur ras-le-bol, hier, devant la préfecture à Carcassonne. Ils étaient un bon demi-millier à avoir répondu à l'appel de leur fédération en délicatesse avec un arrêté préfectoral qui suspend la chasse à la palombe et aux nuisibles. En délicatesse aussi avec l'Office national des forêts qui impose une augmentation singulière des locations pour chasser dans les forêts domaniales.

Face à de telles dispositions considérées comme des agressions envers « la pratique d'une chasse démocratique », le peuple des chasseurs se mobilise. À quelques mètres du rocher de la lutte, symbolisant d'autres colères populaires sur le territoire audois, les chasseurs sont venus dire qu'ils sont prêts aux combats. Si l'État est visé, c'est parce que son représentant dans le département n'aurait pas informé en amont la fédération des chasseurs de l'attaque portée contre elle par « des écologiste intégristes ». « Nous savons les procès intentés sur l'ensemble du territoire par l'association de protection des animaux sauvages. Si la préfecture nous avait informés de l'agression dirigée contre nous, nous nous serions défendus par l'entremise de l'avocat de la fédération nationale qui a déjà plaidé dans ce conflit. Les chasseurs n'acceptent pas d'être placés devant un fait accompli ». Yves Bastié, président de la fédération audoise qui compte un peu plus de 13 000 adhérents, ne mâche pas ses mots. Il ajoute : « Le territoire n'appartient pas qu'aux promeneurs et aux randonneurs. Jusqu'à maintenant nous avons été conciliants avec les écologistes. S'ils continuent à nous enquiquiner, à notre tour nous attaquerons les arrêtés préfectoraux qui leur sont favorables ».

Les chasseurs ressentent ce conflit comme une remise en cause de leur rôle d'aménageurs et de régulateurs de l'espace naturel. « Dans les Corbières maritimes, cite Gérard Deyrmendjian, secrétaire de l'ACA de Sigean, vingt-cinq associations locales se sont regroupées au sein d'un GIE pour créer un couloir vert. Qui pourrait nous reprocher d'entretenir cet espace à des fins cynégétiques ? ».

Parce qu'ils ne sont pas non plus des « gros richards », les chasseurs de l'Aude contestent l'inflation des loyers imposée par l'ONF. C'est un sujet sur lequel, pas plus tard que ce jeudi au siège national de l'Office à Paris, Jean-Pierre Gaillard, président de la fédération Languedoc-Roussillon, a fait une sortie. « Nos sociétés ne peuvent pas supporter des augmentations de cotisations de l'ordre de 50 %. Nous n'avons pas les mêmes revenus que certains de nos collègues du nord et de l'est de la France », dit cet élu régional.

«qu'on nous fiche la paix!»

Assurément les chasseurs du Midi refusent d'être taxés abusivement pour renflouer les caisses de l'ONF qui seraient dans le rouge. Cette brusque mobilisation au sein de la communauté des chasseurs n'est pas le fait du hasard, et le fait que d'autres rassemblements similaires aient été organisés dans d'autres préfectures sur le territoire démontre à quel point les chasseurs estiment être sous pression. « Aujourd'hui notre colère est canalisée. Un conseil cependant, clame Yves Bastié, qu'on nous fiche la paix ! D'autres actions, plus importantes, seront organisées si nos revendications ne sont pas prises en considération ». Dans le jargon des chasseurs, on appelle cela le premier coup de semonce.
 

Source : La dépêche

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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /2009 01:13
- Par Patrick Morel - Publié dans : Au fil du Web
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