Réseau Ferré de France a réussi le pari de concilier environnement et train à grande vitesse : la vie des chauves-souris et des grenouilles n’est pas affectée par
le passage de la LGV.
Anne Petit, responsable environnement chez Réseau Ferré de France (RFF) en poste à Besançon suit le dossier bien avant le début des travaux de la ligne à grande
vitesse. « Nous avons dressé un inventaire de la faune et de la flore afin de déterminer quelles étaient les espèces sensibles à protéger, et cela avant le début des travaux vers 2003, explique
Anne Petit, alors que les travaux de terrassement ont débuté en 2006. »
Aujourd’hui, huit ans après ce premier inventaire, les services de l’environnement de RFF aidés par des instituts spécialisés effectuent encore des comptages et des
suivis des déplacements de ces animaux, qui vont de la salamandre en passant par le cerf ou le blaireau sans oublier les chauves-souris. Et de nombreuses études se poursuivent dans la région de
Novillard dans le Territoire de Belfort.
Un premier bilan sera dressé un an après la mise en service du TGV - soit fin 2012 - et un autre cinq ans après - en 2016. « Tout au long du processus, on a vérifié
l’efficacité des passages, et on s’aperçoit que même pendant le chantier les ouvrages d’art étaient déjà utilisés par la faune, comme les sangliers et les chevreuils. Les buses sont quant à elle
utilisées par les animaux plus petits tels que blaireaux, renards et fouines », constate Anne Petit.
RFF a également aménagé les passages hydrauliques avec des « banquettes », c’est-à-dire des sortes de trottoirs, afin que les petits animaux puissent traverser sous
la LGV, à sec.
Pour vérifier si les animaux empruntent bien les ouvrages qui leur sont destinés, RFF a posé des appareils et enregistre les passages, de jour comme de nuit. Ce
dispositif permet également de faire des comptages. Et RFF a rassemblé des photos de blaireaux, de renard ou de martres…
Dans le Territoire de Belfort, dans le Grand Bois près de Vézelois, non loin de la gare de Meroux, RFF a observé également les chauves-souris, qui utilisent les
rideaux de végétation pour se déplacer, « mais on s’est aperçu que les chauves-souris changent leur route de vol et empruntent les ouvrages d’art pour traverser la ligne à grande vitesse, soit en
dessous de la ligne soit au-dessus », analyse Anne Petit. Par exemple dans le Jura RFF a observé et étudié le minioptère de Schreber, espèce rare de chauve-souris, et « grâce au nouveau rideau de
végétation que l’on reconstitue, les chauves-souris apprennent de nouveaux passages ».
88 passages
Sur les 140 km de nouvelles voies, RFF a installé 37 passages pour la grande faune (cerfs, chevreuils, sangliers, etc.) sans compter en plus les 13 viaducs, le
tunnel et la tranchée couverte d’Aibre, et 51 passages pour la petite faune (buses ou dalots) permettant le passage des rongeurs, lièvres, blaireaux, renards, amphibiens, etc. D’ailleurs pour les
amphibiens, RFF a construit des crapauducs…
La circulaire Bianco du 15 décembre 1992 étend au domaine de l’environnement l’obligation d’un bilan a posteriori c’est-à-dire trois à cinq ans après la mise en
service. Conformément à la Loi d’orientation des transports intérieurs pour les grands projets, ce bilan comprend un volet socio-économique et un volet environnemental. Réseau ferré de France
compte élargir ce dispositif réglementaire en « un bilan développement durable, premier du genre à RFF, qui comprendra en plus le bilan du programme de mesures supplémentaires en faveur de la
biodiversité, les résultats du bilan carbone® global (conception-réalisation-exploitation) réalisé sur la ligne et les résultats de la clause sociale appliquée dans tous nos marchés », indique un
communiqué de RFF. Le bilan environnemental est réalisé par des bureaux d’études spécialisés — groupement piloté par Adage. OGE est le bureau d’études en charge du suivi de la faune.
par Jean Becker pour le pays.fr
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Dimanche 26 juin 2011
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Par Patrick Morel
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Publié dans : Au fil du Web
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