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ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ACAFC LE 20 MAI Ã GONSANS !!!

 

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Au cours des trois dernières décennies, une plante menacée de disparition a colonisé une forêt de Haute-Marne parce que ses graines ont été transportées dans le pelage des ongulés

 

Les cerfs et les chevreuils sont considérés comme une calamité par la majorité des forestiers. En effet, ces herbivores peuvent occasionner de gros dégâts sur les jeunes pousses d'arbres. «En ce moment, dans la forêt domaniale du Donon, entre l'Alsace et la Lorraine, ils détruisent toutes les plantations de jeunes pins», indique par exemple Philippe Ballon, spécialiste de l'interaction entre la forêt, les ongulés et les activités humaines au Cemagref. Leur impact est d'autant plus sensible que les populations n'ont cessé d'augmenter au cours des trente dernières années, alors que ces deux espèces étaient quasiment menacées de disparition à la fin des années 1960. Même tableau pour les sangliers qui eux, en plus, s'attaquent aux cultures.

Mais cette image exclusivement négative va sans doute être nuancée au cours des prochaines années. Même s'ils causent des préjudices économiques indéniables, les trois ongulés jouent certainement un rôle insoupçonné dans la dynamique forestière, en transportant des graines sur leur pelage. C'est la découverte d'une équipe de chercheurs spécialisés dans l'étude des forêts et rattachés à l'Inra et au Cemagref (Plant Ecology, février 2011). La dispersion des graines par les animaux (l'épizoochorie) a surtout été étudiée jusqu'alors dans les forêts tropicales. En Europe et en France, où la biodiversité est beaucoup plus pauvre, le phénomène n'avait jamais vraiment retenu l'attention, comme s'il n'existait pas. Économie oblige, la recherche s'était toujours focalisée sur les dégâts des herbivores.

Programme de recherches   

C'est en analysant l'évolution de la végétation des sous-bois dans la forêt domaniale d'Arc-en-Barrois, en Haute-Marne, que l'équipe pilotée par Jean-Luc Dupouey (Inra de Nancy) a été mise sur la piste de l'épizoochorie. Des comptages effectués sur plusieurs placettes pendant une période étalée sur trente ans ont révélé l'invasion d'une belle plante rare, le cynoglosse officinal. En 1976, elle était totalement absente. En 1981, elle s'était installée dans le nord de la forêt, la partie la plus fréquentée par les cerfs et par les chevreuils. En 2006, on la trouvait presque partout.

Comment le cynoglosse, une espèce menacée dans notre pays, a-t-elle pu arriver au beau milieu de cette forêt et y connaître un tel succès ? Les graines étant de bonne taille, elles ne peuvent pas avoir été transportées par le vent. Enveloppées de minuscules crochets (des glochides), elles s'accrochent aux tissus, à la laine, aux poils et au pelage des animaux et tombent au sol quand ceux-ci se déplacent ou se frottent contre les arbres. Dans le cas du cynoglosse, les ongulés ne se contentent pas de transporter les graines. Par le biais de leurs déjections, ils fournissent aussi de l'azote aux plantes qui parviennent à germer ainsi que la lumière dont elles ont besoin en broutant la végétation concurrente au sol et le feuillage. Pour couronner le tout, la plante est toxique et les ongulés ne la mangent pas.

Certes, le cynoglosse offre un cas de figure très particulier. Mais c'est une aubaine pour Christophe Baltzinger, du Cemagref. Il démontre qu'il a eu raison de lancer un programme de recherches sur la dispersion des plantes par les ongulés sauvages (Diplo). Les dénombrements de graines qu'il a déjà effectués dans le pelage des ongulés, tués dans le cadre de trois plans de chasse de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) dans le Loiret, sont pleins d'enseignements. «Même si la période de chasse qui s'étale entre l'automne et la fin février n'est pas celle où la plupart des végétaux produisent des graines, on en trouve toujours», souligne Christophe Baltzinger. Une cinquantaine de graines d'espèces différentes ont déjà été collectées, de la benoîte à la ronce en passant par le trèfle, l'ajonc et le plantain. Sans surprise, c'est le sanglier qui en accroche le plus dans ses poils de bourre bouclés et ses longues soies. Par comparaison, les chevreuils, aux poils plus lisses, et le cerf, avec sa grande taille, en prélèvent moins.

«Tous ces ongulés couvrent de vastes territoires, note Jean-Luc Dupouey. Et on sait qu'avec le changement climatique, la dispersion des graines à longue distance va jouer un rôle majeur pour les déplacements des plantes sauvages». Le rôle des cerfs, chevreuils et sangliers a de bonnes chances d'être réévalué dans les années à venir.

 

Source : lefigaro.fr

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Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 00:16
- Par Patrick Morel - Publié dans : Au fil du Web
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