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Battues administratives : des chasseurs n’acceptent pas la punition

Publié le par Patrick Morel

La forêt de la Harth a été le théâtre, hier, d’une nouvelle confrontation entre chasseurs « coupables » et louvetiers venus les « punir ».

Début d’après-midi hier, dans la Harth : la battue reprend… Photos Darek Szuster 

 

Hirtzfelden ( L’Alsace du 15 mars), et maintenant Kembs, forêt domaniale de la Harth : on prend les mêmes et on recommence ; adjudicataires de lots de chasse, lieutenants de louveterie, agents de l’Office national de la chasse et de l’Office national des forêts, journalistes… Tout le monde était là, hier… sauf les sangliers ! Du moins, et de l’aveu même des fusils mis à disposition du préfet pour l’application de son arrêté, on n’en avait pas tiré un seul à la pause de midi.

La différence avec Hirtzfelden, où Paul Schubnel et ses amis avaient créé le scandale en mettant au jour le « massacre » résultant de la battue ( « une mise en scène », selon le camp adverse), c’est que, cette fois, Adrien Robbe, adjudicataire du lot 14 du Groupement d’intérêt cynégétique 12, avait invité la presse avant. Avant que l’armada ne débarque sur « ses » terres et ne se mette en demeure d’y tirer les sangliers qu’il aurait, avec les neuf partenaires de son lot, « oublié » de tirer lui-même. En aparté, les hommes en vert ajoutaient que le locataire avait aussi « fait ce qu’il fallait », préventivement, en faisant détaler de cette partie de la forêt tous les sangliers qui pouvaient s’y trouver !

Au rendez-vous fixé en face de la maison forestière de Kembs, Adrien Robbe, accompagné par Paul Schubnel et l’un de ses amis, a tout de suite exhibé la lettre envoyée à l’administration le 22 février, pour lui proposer des battues « concertées », c’est-à-dire exécutées par les chasseurs eux-mêmes, en présence de la louveterie, avec quotas imposés, etc.

Adrien Robbe entendait ainsi protester de sa bonne foi : « En 2010, dit-il, nous avons tiré 131 sangliers, 130 en 2009, 100 en 2008 : on ne peut pas aller beaucoup plus loin sur un lot de 637 ha. »

Sa proposition n’a eu aucun effet, affirmait-il, alors qu’il s’apprêtait, hier matin, à se faire envahir par les acteurs de la battue et se faire « dépouiller, en plus, du fruit de la venaison ».

Jean-Rodolphe Frisch, le président de la Fédération des chasseurs du Haut-Rhin, qui l’a brièvement rejoint en lisière de forêt, n’a pas dit pas autre chose : « Venu vérifier si les ‘‘justiciers du Roi’’ entendent faire, ici, le même massacre qu’à Hirtzfelden en oubliant toute éthique de chasse », il voulait « aussi protester contre la décision de l’administration », alors que lui-même avait demandé aux chasseurs « de faire un maximum d’efforts, en leur laissant des délais ». « Ce n’est pas comme ça que le problème des sangliers va être réglé », a encore martelé Jean-Rodolphe Frisch : « Je ne dis pas que je suis contre la punition, mais il faut d’abord utiliser toute la bonne volonté des chasseurs. »

Le président parti, Adrien Robbe et ses amis ont emmené les journalistes plus loin dans la forêt, « au contact » de la battue, à laquelle la trompe venait de signifier la pause et… le casse-croûte de midi. S’en est suivi un long face-à-face, plutôt tendu, entre les louvetiers et leurs « invités » — 25 véhicules et autant de fusils au moins — d’un côté, et le petit groupe des contestataires, de l’autre.

Largement relayé par ceux de Hirtzfelden, le discours d’Adrien Robbe n’aura pas varié : ce qu’« ils » venaient faire là, ce n’était pas de la chasse, mais du « massacre » : abattre des laies suitées en pleine période de reproduction, prendre le risque de laisser des marcassins orphelins errer, affamés, pendant des jours, et « réduire à néant tous nos efforts de gestion cynégétique ».

Pour sa part, Robert Dubich, président des louvetiers du Haut-Rhin, est catégorique : « Nous ne sommes pas en situation de chasse, mais de réduction du cheptel : on tue ce qui vient, c’est vrai. Les états d’âme, je ne peux pas en avoir, j’ai une mission. »

Même si, ici ou là, on sentait qu’on était un peu de la même famille, les positions semblaient irréconciliables. Les louvetiers, répétant que les battues administratives n’auraient pas été ordonnées si les locataires avaient fait leur travail en abattant suffisamment de bêtes, revenant aussi sur Hirtzfelden, pour évoquer, photographies à l’appui, les bêtes malades de la gale, les « élevages en plein air », etc.

En face, foi de chasseur, et de fils de chasseur, on affirmait ne pas se reconnaître dans ces pratiques, bien conscients quand même qu’au vu du maigre tableau de chasse apparent à la mi-journée, ce n’est pas hier qu’on aura significativement réduit la surpopulation des sangliers dans la Harth. Qu’à cela ne tienne, en vertu de l’arrêté préfectoral d’autres battues sont possibles jusqu’à la fin du mois…

 

l'alsace.fr

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françois 27/03/2011



quand les bracelets seront gratuits, les soucis disparaitront.


Gérer, on sait faire, payer on a encore du mal.



Haut-Rhinois 27/03/2011



Il n' y a pas de bracelet pour le sanglier en Alsace.



Michel/Sandrine90 27/03/2011



Nous pensons que dans moins de 10 ans, la chasse portera un autre nom ou n'existra plus en tant que telle. Nous avons aussi que depuis quelques années nous laissé la place à un semblant de
pratique de la chasse basé presque exclusivement sur la bête noire quel qu'en soit le prix. Le résultat est malheureusement la, c'était plus que prévisible, malheureusement, ce sont encore une
fois les animaux qui en souffrent.



francis 28/03/2011



laissez chasser les chasseurs  locaux.....au lieu de faire du business.