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ACAFC : Tous les détails de la formation complémentaire dans la colonne de gauche.

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Mardi 22 septembre 2009, il est 6h15, nous sortons du gîte, équipés de nos sacs à dos et de nos arcs, les frontales vissées sur le front, nous entamons une marche silencieuse en file indienne le long du torrent qui nous mènera sur nos secteurs de chasse. Après 2 jours passés à l'affût sur le haut du versant gauche de la vallée, nous changeons de stratégie en raison d'une part de l'absence de cerf bramant à cet endroit mais surtout de l'aval de Bruno (le garde ONF du domaine) dont la sortie de la veille s'est soldée par un demi-échec étant donné que le carabinier qu'il guidait n'a pas voulu tirer les cerfs trouvés sous prétexte qu'il était trop tôt … Cela faisait bien nos affaires étant donné qu'à notre bracelet de cerf CEM2, s'ajoutait un CEM3, en clair, nous n'avions plus besoin de juger précisément en cas de rencontre rapprochée avec un cerf …

 

Alice et Sam allaient se poster sur le versant droit de la vallée dans un secteur boisé bien connu de nous, où sous nos lames acérées, de nombreux mouflons ont rejoint les grandes plaines éternelles … Chris resterait sur le flanc gauche pour crapahuter dans le bas du bois du Chapitre.

De mon coté, j'avais prévu d'aller jusqu'au fond du domaine en limite de réserve et d'approcher les cerfs qui brameraient dans ce secteur.

 

A noter que l'on disposait aussi de bracelets de biche, de faon, de brocard, de chevrillard, de brebis de mouflon (les mâles étant réservés pour le séjour de novembre) et qu'on pouvait également tirer les sangliers.

 

J'arrive presque au panneau indiquant la fin du domaine, le jour est levé et les clameurs des puissants raires se font entendre sur les hauteurs à ma droite, quand soudain j'aperçois une masse brune à 200m en contre-haut de moi en lisière de bois.

 

 

  
Il brame et répond à un concurrent situé un peu plus haut. C'est décidé, je tente l'approche. Après une demi-heure d'escalade silencieuse, j'arrive à cette lisière où il était, je dépose mon sac à dos afin d'être plus libre de mes mouvements et surtout pour ne pas risquer un bruit de frottement dans ce milieu plus fermé. A partir de là pendant 45 minutes, j'ai vécu un des moments les plus exaltants de ma vie de chasseur, deux cerfs bramant à 50m de part et d'autre de moi sans que je n'arrive à les voir. A chaque cri rauque, les poils se dressaient sur mes avant-bras, une expérience inoubliable …    

Ce spectacle auditif durera jusqu'à ce que le soleil passe la crête sur l'autre versant et vienne nous éclairer de ses rayons, les cerfs se sont tus, me laissant à la fois, hyper heureux d'avoir pu vivre de pareilles émotions mais aussi déçu de n'avoir voir et approcher l'un de ces magnifiques animaux. Néophyte en matière de cervidés, j'imaginais à tort qu'il était beaucoup plus aisé d'approcher un cerf bramant …

 

Je continuais malgré tout à progresser aussi silencieusement que possible dans la feuille qui séchait à vue d'œil, quand soudain un bruit de galopade me fit sursauter, à 30m un cerf venait de se lever et détalait !!!

 

 Je continuais encore quelques mètres et arrivé sur une arrête rocheuse en bordure de sapins depuis laquelle, je pouvais voir assez loin autour de moi, je stoppais pour affûter pendant 2 heures. Je vous passe l'anecdote du pic-vert qui viendra se poser en criant à 50cm devant ma tête alors que j'étais atteint de la maladie des paupières plombées, le saut que j'ai fait !!! Vers midi, je continuais mon ascension dans cette petite langue de sapins, les couchettes de cervidés se succédaient les unes aux autres en espaliers.

Arrivé au sommet de cette sapinière, je bifurquais à droite pour progresser sur la courbe de niveau malgré le vent devenu défavorable pour moi.

 

Après 200m, j'arrive en vue d'un pierrier quand soudain, un bruit de feuille et de pierre attire mon attention, je viens sans doute de lever un animal … je reprends ma route quand les bruits récidivent, j'avance encore et aperçois de l'autre coté du pierrier, une laie et 5 marcassins. J'encoche une flèche quand un des rejetons entreprend de traverser le pierrier juste au-dessus de moi.

Il doit faire tout juste 20 kg, on devine encore les rayures de sa livrée. A ce moment surgit en moi le souvenir de ce doublé réalisé ici même, il y a 6 ans, un remake m'irait bien …

 

Pas de chance, il fait demi-tour avant de rentrer dans le bois, 2 de ses frangins vont faire de même avant que tout ce petit monde parte gentiment en suivant la laie qui venait sans doute de me "piffer". Il faudra quelques instants pour que mon cœur reprenne son rythme normal.

 

Je traverse le pierrier et continue, j'ai parcouru environ 100m, un bruit de galopade me fait m'accroupir, c'est de nouveau un petit sanglier qui arrive face à moi, il s'arrête en me voyant puis continue, je commence à armer lorsqu'il est à une quinzaine de mètres mais il fait brusquement demi-tour en détalant !!!! Je m'en veux d'avoir laisser passer une si belle occasion.

100m plus loin, nouveau bruit, beaucoup plus important celui-là !!! un cerf vient de se lever, je l'apercevrai une fraction de secondes à 30m au-dessus de moi … décidément …

A peine, j'avais repris mon chemin, nouveau bruit, et comme je venais d'en faire également, je pousse un grognement à la manière d'un sanglier … pour entrevoir un éclair roux ponctué d'un "grouuiiiic" !!!! C'était encore le marcassin !!!

 

Il est 13H30, il commence à faire très chaud sur ce versant exposé plein sud, et ça fait désormais 5H00 que j'ai posé mon sac à dos et que par conséquent, je n'ai ni bu ni mangé depuis le p'tit déj.

Il est temps que je redescende, j'effectue une boucle dans un vallon couvert de genêts afin de pouvoir progresser à bon vent sur la partie du bas quand une chose attire mon regard, je venais de trouver une jolie mue de cerf, un 8 cors !!!

 

Plus bas, je découvre une "autoroute", rarement j'ai vu une coulée si marquée, on dirait les sentiers que font les vaches autour du gîte. Tant pis pour la bonne rasade que j'espérais, ça attendra encore un peu, je vais rentrer dans le bois et affuter sur cette coulée. Une bonne demi-heure plus tard, un bruit de caillou, je me prépare … nouveau bruit, cette fois, c'est très proche !!!  le rythme cardiaque accélère de nouveau. Encore quelques craquements, je me détourne et comprend que mon audition m'a fait défaut, un brocard passe tranquillement à 15m derrière moi sans que je puisse me retourner …

Cette fois départ pour de bon, je récupère mon sac à dos et après une bonne gorgée d'eau, je descends rejoindre mes acolytes qui m'attendent au niveau du torrent vers les ponts cassés. A leur mine, je devine qu'ils n'ont pas du voir grand-chose et sont tout surpris lorsque je narre ma superbe journée et les multitudes d'émotions qui l'ont ponctuée.

 

Arrivés au gîte après une heure de marche, Chris me glisse "tu n'as plus qu'à aller à l'affût nous flécher un broc !!!".

Je m'étonne, car l'avant-veille, il m'avait reproché mon retour tardif alors que mes 3 comparses m'attendaient impatiemment pour ouvrir la bouteille de Champagne quotidienne. Je me rechange et me voilà parti. Pour l'affût du soir, j'ai savamment installé un tree-stand dans un lieu proche du gite. Quand je dis savamment, c'est surtout que cela fait maintenant 5 ans que je l'installe dans le même secteur mais que je le déplace chaque année en fonction de mes observations. Cette fois, je suis perché et personne pour m'importuner car il y a 2 jours, une dizaine de vaches ont passé la soirée sous mon tree-stand ou dans les proches environs, j'avais beau les traiter de tous les noms intérieurement et leur balancer des branches que je cassais, rien n'y faisait …

 

45mn plus tard, un mouvement attire mon attention sur ma droite, puis un 2ème et un 3ème, c'est une chevrette accompagnée de ses 2 rejetons, qui doivent faire à peine 8kg. Ils arrivent en courant dans la haie de sapin en contrebas derrière mon affût, restent quelques secondes, puis repartent aussi vite qu'ils sont venus.

30mn plus tard, le craquement d'une brindille se fait entendre légèrement devant à gauche, je monte l'arc car mon affût est situé sur un étroit passage à découvert entre une pointe de bois et une haie de résineux, de plus la plate-forme n'est pas placée très haute et comme ça monte devant moi, les animaux sont quasiment à ma hauteur, ce qui ne me permet pas beaucoup de liberté de mouvement. Un brocard débouche du buisson me faisant face et descend doucement dans ma direction, j'arme et décoche lorsqu'il passe de profil à 5m.

 

En fin d'armement, mon coude à touché le tronc de l'arbre et le brocard a immédiatement regardé dans ma direction en même temps que la flèche armée d'une lame Striker Magnum prenait son envol destiné à donner la mort.

 

Le chevreuil détale à l'impact, j'ai le temps d'apercevoir un triangle rouge derrière son épaule provoqué par la sortie de la flèche … je suis des yeux sa course effrénée et depuis l'impact jusqu'à ce grand fracas de branches cassées,  j'ai eu le temps de compter jusqu'à 6. Je n'ai pas trop de doute qu'à l'issue de la recherche. Il aura fait quand même 80m de fuite et ce gros lièvre variable surpris assis à une douzaine de mètres pendant ma recherche a eu de la chance …

 

Il est là … étalé de tout son long, comme s'il courait encore…

Je casse une branche de sapin pour lui rendre les honneurs qu'il mérite. Merci petit brocard pour m'avoir laissé prendre ta vie … merci à St Hubert et St Sébastien …


 

 

Christian se chargea de nous cuisiner des "griottes" d'anthologie avec les abats, pendant que nous dégustions la coupe de Champagne quotidienne traditionnelle, ce qui fut une excellente manière de ponctuer une journée décidément riche en émotions, certainement une de mes plus belles journées de chasse dans ce lieu paradisiaque perdu dans les Alpes.

Cette journée, je m'en souviendrai longtemps, c'était celle de mon 38ème anniversaire …

 

 

 

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Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /2009 03:36
- Par Patrick Morel - Publié dans : Chasse
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