Tempête Xynthia : les animaux piégés par les eaux
-
-
-
Sur l'île de Ré, la fédération de chasse a enregistré jusqu'à 80 % de
mortalité chez les lapins de garenne pris au piège de l'eau, comme à Loix. (Photo FDC)
Pertes humaines, maisons détruites, paysages dévastés...on connait les conséquences dramatiques de la tempête
Xynthia. La biodiversité a elle aussi souffert. Sans parler de catastrophe écologique, de nombreuses espèces ont été fragilisées.
1. Des poissons d'eau douce noyés
De Charron à Rochefort, au plus près de la côte, de nombreuses espèces d'eau douce (carassins, carpes, brèmes,
gardons et poissons chats...) ont été prises au piège de l'eau salée, comme dans le marais de Saint-Laurent-de-la-Prée. Mais, si le spectacle peut être désolant à certains endroits, il n'y aurait
pas lieu de s'alarmer. D'abord, l'hécatombe est très localisée. Ensuite, les poissons ont la capacité de recoloniser très vite les cours d'eau. « Je déplore cette mortalité, mais il faut
dédramatiser. On est très loin de la catastrophe écologique. En comparaison, ce raz-de-marée a eu bien moins de conséquences néfastes que les assèchements que l'on connaît tous les ans », estime
Bruno Garcia, à la Fédération de pêche de Charente-Maritime.
2. Le pélobate privé d'habitat
Beaucoup d'amphibiens (tritons, grenouilles et crapauds...) n'ont pas survécu au raz-de-marée. Comme les
poissons, les amphibiens ont été victimes de l'eau salée. Mais ils ont également perdu leur habitat, des mares d'eau douce qui ont été submergées par l'eau de mer. C'est le cas notamment du
pélobate, un petit crapaud de 8 centimètres, une espèce patrimoniale protégée et présente sur la réserve naturelle d'Yves. « Mais la nature s'en remettra », commente-t-on à la Ligue pour la
protection des oiseaux.
3. 80 % de lapins noyés à Loix-en-Ré
Sur l'île de Ré, la Fédération départementale de chasse a enregistré jusqu'à 80 % de perte chez les lapins de
garenne. À Loix-en-Ré, juste avant Xynthia, on comptait entre 1 200 et 1 300 individus. La dernière estimation, effectuée il y a quelques jours, n'en dénombrait plus que 500. Sur les communes
concernées, les chasseurs devraient être invités à... moins chasser. Mais pas d'interdiction en vue. Le lapin de garenne prolifère sur d'autres secteurs, comme les vignobles, où ils font de
nombreux dégâts.
4. La chasse du lièvre interdite ?
La Fédération départementale de chasse travaille actuellement sur un plan de gestion. Dans quelques jours, la
préfecture de Charente-Maritime pourrait en effet prendre la décision d'interdire de chasser le lièvre sur plusieurs communes du nord de l'Aunis. De Charron à Andilly en passant par
Saint-Ouen-d'Aunis, l'espèce a été durement touchée. La chasse pourrait y être interdite pendant deux ou trois ans, le temps que l'espèce recolonise les grandes plaines d'Aunis.
5. Renards, blaireaux et hérissons piégés...
Plus généralement, bien d'autres animaux ont été victimes de Xynthia. De nombreux moutons, chevaux et
chevreuils ont été noyés. En première ligne, également, les animaux fouisseurs. Si la Fédération de chasse n'a pas pu dresser de bilan des pertes (c'est carrément impossible), on sait que de
nombreux renards, blaireaux ou hérissons ont été pris au piège dans leurs terriers. Sans oublier les insectes, les escargots ou encore les lombrics noyés.
6. Nettoyage citoyen
C'est l'appel lancé par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) aux bénévoles pour venir nettoyer ses
deux réserves naturelles les plus touchées : Moëze et Yves. Depuis mardi, et encore pendant quelques jours, plusieurs actions de nettoyage y seront organisées. Objectif : ramasser bidons,
planches, poches d'ostréiculteurs et autres détritus hétéroclites qui souillent les marais. Pour Moëze, rendez-vous à Saint-Froult à 9 heures. Pour Yves, nettoyages selon les disponibilités.
Prévoir râteaux et fourches. Vêtements de terrain, bottes et gants vivement conseillés.
Source : Agnès Lanoëlle pour SudOuest.com
0
Lundi 5 avril 2010
1
05
/04
/Avr
/2010
00:05
-
Par Patrick Morel
-
Publié dans : Au fil du Web
Derniers Commentaires