En 4 jours, ce ne sont pas moins que 3 de ces magnifiques animaux qui ont péri sur les routes Franc-Comtoises ...
Voici 3 articles s'y relatant émanants du centre Athenas et de 20min.ch :
UN LYNX VICTIME D’UNE COLLISION A LA CLUSE ET MIJOUX(25) (source : athenas.fr)
Percuté par une voiture le 4 avril à 18h au lieu-dit » le Frambourg », l’animal s’était ensuite péniblement hissé à 15 m au
dessus de la route et semblait en extrême difficulté. L’alerte donnée rapidement a permis de mettre en place une intervention commune (Brigade de gendarmerie des Hopitaux-Neufs/Pompiers du Centre
de Secours de Pontarlier/ONCFS-SD25/ATHENAS). Dans un premier temps, le périmètre a été sécurisé et la circulation régulée afin d’éviter un sur-accident, puis à l’arrivée de notre équipe et du
matériel, la route a été coupée et l’animal a pu être capturé et calmé.
La circulation a ensuite été rétablie, et le lynx acheminé en urgence vers le vétérinaire du Centre. Malheureusement, il
était mort à l’arrivée, victime de sévères lésions : traumatisme crânien, hémothorax, hémorragie rénale, ces deux dernières étant la principale cause de la mort (autopsie réalisée au
LDA39)
Ce mâle d’au moins 3 ans était connu de l’ONCFS et fréquentait le secteur au minimum depuis 2010. Plus mobiles au moment du
rut, les mâles sont de ce fait plus exposés aux collisions routières. Dans ce cas, la proximité de radars routiers n’a pas protégé cet individu, et c’est l’occasion de rappeler l’urgente
nécessité de consacrer des moyens au maintien et à la restauration de corridors biologiques pour la conservation de cette espèce, notamment dans les zones de forte circulation, et au besoin par
une signalétique particulière et des modulations saisonnières de la vitesse routière.
UN GROS LYNX MEURT PERCUTÉ PAR UNE VOITURE (source : 20min.ch)
Un lynx a été retrouvé mort, gisant sur le bord de la route, dans la nuit de mercredi à jeudi près du col des Mosses. Il a
probablement été heurté par un véhicule
Michel Traber, chef d’intervention au Centre de gendarmerie à Rennaz, descendait le col des Mosses en direction du Chablais,
où il devait prendre son service, jeudi au petit matin. Avant d’arriver à la Comballaz, il aperçoit le corps d’un animal mort sur le bas-côté de la route. Pensant découvrir un chevreuil, cet
amateur de chasse s’est arrêté près du cadavre. C’est à ce moment qu’il a réalisé qu’il s’agissait d’un lynx. «L’animal était impressionnant, ses pattes faisaient environ 10 centimètres de
diamètre, a-t-il déclaré. Je l'ai pris en charge, et j'ai immédiatement avisé le garde-faune de la région, qui l’a transporté au Tierspital à Berne où il doit être autopsié», a poursuivi le
gendarme.
Avertir la gendarmerie
Touchée à la tête, la bête est morte sur le coup. Elle a été heurtée par un conducteur inconnu, qui n'est pas resté sur
place. «Il arrive que les gens appellent le lendemain, pour faire un constat, car ils ont des dégâts sur leur voiture», indique le pandore, qui rappelle qu’il est impératif d’aviser la
gendarmerie ou le garde-faune lorsque l’on découvre le cadavre d’un prédateur, tels que le lynx ou le loup. En effet, la «procédure fédérale est d’envoyer ces dépouilles au Tierspital pour
qu’elles soient autopsiées, afin de connaître les causes de leur décès», a déclaré à «20 minutes» Sébastien Sachot, conservateur de la faune pour le canton de Vaud. Et aucune représaille des
forces de l’ordre n’est à craindre, puisqu’«on ne peut pas punir un conducteur qui tue un animal sauvage», a concédé Michel Traber, en soulignant que celui qui percute du gibier noble avec son
véhicule - sans intention volontaire de le faire, car les risques de dégâts aux véhicules ou de blessures physiques sont élevés - en devient propriétaire, et peut donc bouchoyer la bête. En tout
cas, dans le canton de Vaud.
Trophée
Reste à savoir quel sera l’avenir du corps de ce grand prédateur, après l’autopsie. «Celui qui le découvre peut le réclamer»,
a confié Sébastien Sachot, qui parle des cas où le cadavre est en «bon état». Quand personne ne le revendique, il est parfois utilisé par le Service des forêts, de la faune et de la nature (DSE)
à des fins didactiques. «Sinon, les restes sont incinérés», a-t-il conclu.
3ème LYNX VICTIME DE LA ROUTE EN 4 JOURS DANS LE MASSIF DU JURA (source : athenas.fr)
Après deux mâles adultes le 4 avril (1 à la Cluse et Mijoux et 1 dans le canton de Vaud), c’est une femelle subadulte qui a été victime de la circulation routière le 8 avril
au matin (1h30).
Elle a été percutée par une camion sur l’A39 à proximité du péage de Bersaillin (39). La collision ne lui a laissé aucune
chance, et elle a été récupérée par les patrouilleurs de l’APRR qui nous ont alertés.
C’est une des données les plus occidentales de présence de l’espèce, et la preuve de sa possible extension vers l’Ouest
si des mesures concrètes sont prises pour maintenir ou recréer des corridors biologiques. L’A39 et la LGV constituent en effet un
double verrou quasiment infranchissable, et en l’absence de mesures adaptées, tous les subadultes en dispersion vers la Bourgogne pourraient bien connaitre le même sort. La route (fin d’hiver et
printemps) et le braconnage (octobre à décembre) sont les principaux facteurs limitants pour l’espèce. La période actuelle (mars/avril) est particulièrement sensible : les mâles (dont le
territoire couvre celui de plusieurs femelles) sont extrêmement mobiles au moment du rut, et les subadultes âgés de 10 mois qui viennent de se séparer de leur mère sont également amenés à couvrir
des distances parfois importantes et s’exposer ainsi aux activités humaines, d’où une multiplication des collisions, en lien également avec l’augmentation du trafic routier, à la fois continue et
ici conjoncturelle (week-end de Pâques). Rien à voir avec une surdensité fantasmée par ceux qui souhaiteraient suspendre des trophées de lynx dans leur salle à manger.
Ces collisions à répétition, comme le braconnage sont de nature à fragiliser la population : disparition d’adultes
reproducteurs, induction d’une mobilité plus grande des survivants (compétition territoriale). Plutôt qu’un inventaire d’épicerie, nous demandons un plan de conservation de l’espèce avec
notamment :
- étude ADN sur le polymorphisme génétique de l’espèce (les échantillons sont stockés depuis des années dans des
congélateurs).
- mise en oeuvre de mesure de protection modulées selon la saison dans les zones ultra-connues de collisions
récurrentes
- coup d’arrêt à la réduction programmée des moyens et des effectifs de la police de la Nature (ONCFS), pour que soit mise en
oeuvre une réelle politique de lutte contre le braconnage.
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