C’est un vote d’un genre particulier auxquels les Francs-Comtois sont invités à participer. Vous pouvez en effet vous
prononcer sur la nécessité de réintroduire un jeune lynx dans son milieu naturel. Pour ? Contre ? À vous de voir…

En Franche-Comté, le lynx est dans son milieu naturel. DR
Cette consultation est motivée par une disposition légale d’origine européenne, qui oblige les autorités compétentes, en l’occurrence le Conseil national de protection de la nature, à recueillir
l’avis de la population avant de prendre une décision.
À Lons-le-Saunier (Jura), Gilles Moyne a fait son choix depuis longtemps. Le centre Athenas qu’il dirige est spécialisé dans
les soins aux animaux sauvages de notre région. C’est le seul en France à recueillir des lynx et des chats forestiers.
Il était parasité et dénutri
« Entre 1996 et aujourd’hui , explique-t-il, six lynx ont été capturés, soignés puis relâchés. Ce sont généralement des
animaux blessés, trop faibles et le plus souvent trop jeunes pour subsister dans leur milieu naturel. »
Ces animaux, repérés à leur comportement anormal qui les pousse à s’approcher des zones habitées, sont « couvés » dans le
centre Athenas jusqu’à ce qu’ils retrouvent une autonomie. Après quoi ils sont réintroduits en forêt, où ces animaux solitaires ont besoin d’un vaste territoire de chasse.
Le lynx qui s’apprête à être relâché a été capturé le 12 novembre dernier dans le sud du Jura, près d’Arinthod. « Il avait
six mois, il était parasité et dénutri , se souvient Gilles Moyne. Il se nourrissait de chats errants, à proximité des maisons. C’est un comportement observé chez de jeunes sujets séparés de leur
mère, pas assez développés pour chasser des chevreuils. »
Recueilli et soigné pendant l’hiver, l’animal est désormais assez costaud pour rejoindre son milieu naturel. « On ne sait pas
encore où il serait relâché. Le site est encore à l’étude. Nous veillerons à éviter les interactions avec les zones habitées et avec d’autres lynx. »
Il ne faut pas prêter attention à ceux qui manipulent des peurs irrationnelles
La procédure visant à de nouveaux « relâchers » de lynx nécessite une dérogation au plan général de gestion de ces animaux,
dont la présence est controversée. Ils sont régulièrement accusés de s’en prendre à des bêtes d’élevage, et nombreux d’entre eux, bien que rigoureusement protégés, disparaissent sans que leurs
colliers, dotés d’un dispositif Argos permettant de les localiser, ne soient jamais retrouvés. D’autres sont tués dans des chocs avec des voitures.
« Il ne faut pas prêter attention à ceux qui manipulent des peurs irrationnelles , estime Gilles Moyne. Le lynx est en
Franche-Comté dans son milieu naturel et les problèmes qu’il pose sont très ponctuels.»
Chassé, le lynx avait disparu de Franche-Comté en 1893. Il est réapparu dans les années 70, en provenance de populations
réintroduites dans le Jura suisse.
La Fédération de chasse du Jura, ainsi que le sénateur jurassien Gérard Bailly (UMP) se sont montrés d’ores et déjà
défavorables à tout nouveau relâcher, estimant que les densités actuelles de lynx sont suffisantes. « Mais ces positions sont minoritaires , précise Gilles Moyne. À chaque consultation, les gens
se prononcent très largement en faveur des relâchers.»
S’ils ne sont pas réintroduits dans leur milieu naturel, les lynx capturés risquent l’euthanasie.
Chaque Franc-Comtois peut se procurer dans sa mairie le dossier relatif au projet de relâcher de jeunes lynx. Il est possible
de participer à la consultation, jusqu’au 16 mai, par courrier envoyé à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, à cette adresse :
DREAL, service Biodiversité, eau et paysages, 17 E rue Alain-Savary, 25000, Besançon.
Il est aussi possible de voter sur internet jusqu’au 23 mai, à l’adresse suivante :
www.franche-comte.developpement-durable.gouv.fr
Le site du centre Athenas (www.athenas.fr) renvoie
également vers un lien.
Le 14 mai, le Conseil national de la protection de la nature rendra un avis sur les relâchers de jeunes lynx. La décision
définitive suivra. Elle concernera non seulement le jeune lynx d’Arinthod, mais aussi d’autres animaux qui seraient recueillis dans les mêmes conditions dans les trois ans à venir.
Source : Serge Lacroix pour lepays.fr
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